BULLETIN LABOR ET FIDES # 37 - AUTOMNE 2008

« Comme l’a montré la campagne à l’investiture démocrate, la référence à Martin Luther King, 40 ans après sa mort, reste un passage obligé. Dès que l’on prononce son nom, dans un contexte aujourd’hui tout autre, la question revient : qui l’a remplacé ? Le révérend Jesse Jackson, le ministre pentecôtiste Al Sharpton ou, plus récemment, le sénateur Obama ? »

Serge Molla – Les idées noires de Martin Luther King

PHOTOGRAPHIE

LOVE ME
Turkménistan

Nicolas Righetti

Ce livre présente 44 photos saisissantes du Turkménistan, placé sous la férule tyrannique de Saparmourad Niazov de 1992 à 2006. En 2006, le photographe genevois Nicolas Righetti a effectué un reportage dans ce pays parmi les plus fermés du monde, à la suite d’une autre enquête effectuée en Corée du Nord dont un précédent livre relate les photos surprenantes (Le dernier paradis, Olizane, 2003). Dans Love Me, l’omniprésence du dictateur Niazov s’étale sur des images commentées par de brefs slogans, la plupart présidentiels : « Je suis le descendant direct de Mahomet et de Gengis Khan ». « Le peuple me respecte tellement que je ne puis dormir ». Comme l’écrit l’ethnologue Jacques Hainard dans la préface, « ce qui nous est donné à voir ici, c’est un Turkménistan saturé par l’image de son tyran. La couche de vernis supplémentaire posée par la photographie sur cette véritable logorrhée iconique révèle une mythologie criarde, qui sombre volontiers dans le kitsch ». Couronné en 2007 par un World Press Photo, la plus prestigieuse distinction en photojournalisme, le travail de Nicolas Righetti sur le Turkménistan s’expose dans ce livre ambitieux qui brocarde implacablement tout culte de la personnalité.

Nicolas Righetti travaille comme photographe de presse à l’agence Rezo.ch, à Genève. Auteur de nombreux reportages parus notamment dans Le Point, La Repubblica, Newsweek ou The New Yorker, il a obtenu en 2007 le premier prix World Press Photo pour son reportage au Turkménistan, dont Love Me reproduit un condensé étonnant.

TROIS QUESTIONS À NICOLAS RIGHETTI

Qu’est-ce qui vous a poussé à entreprendre ce reportage au Turkménistan ?
Après mes périples en Corée du Nord, une certaine frustration me restait. Je n’avais jamais eu de contacts avec la population nord-coréenne qui m’était interdite par mes guides officiels. Dans ce livre-là, le plus important était pour moi de dénoncer la dictature dont le peuple turkmène a été pris en otage.

Votre livre est-il artistique ou politique ?
Il est avant tout politique. Je dénonce ce régime en montrant la propagande au premier degré. J’ai réalisé que l’important n’était pas de dévoiler les dessous d’une mise en scène totalitaire, mais de raconter le pays tel qu’il se présente.

Après la Corée du Nord et le Turkménistan, quel est votre prochain reportage ?
Je travaille actuellement sur Jean Calvin.


44 photographies couleurs
82 pages – 34 CHF / 22 euros
septembre 2008

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Nicolas Righetti: Love me, Turkménistan
JEAN CALVIN

Calvin sans trop se fatiguer

Christopher Elwood
et Mix & Remix

Dans cette introduction concise à la vie et à la pensée de Calvin, traduite de l’américain, l’auteur propose une vision complète et très accessible des principaux enseignements du Réformateur et du contexte dans lequel ils se sont développés. De nombreuses caricatures réalisées par le célèbre dessinateur de presse Mix & Remix jalonnent le texte et lui donnent une respiration humoristique et décalée. Elles facilitent ainsi l’accès à une figure clé de l’histoire dont l’héritage est encore visible dans toutes sortes d’institutions religieuses, économiques et politiques. Une place non négligeable est faite au calvinisme et à ses représentants successifs et actuels. Mais dans une langue soucieuse de simplicité permettant de rencontrer Calvin sans trop se fatiguer. Un objectif important pour le 500e anniversaire du Réformateur en 2009 qui verra de nombreux lecteurs non spécialistes s’intéresser à Calvin.

Christopher Elwood est professeur associé en histoire de la théologie au Presbyterial Theological Seminary de Louisville (USA). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à Jean Calvin.

Mix & Remix: Calvin

Mix & Remix: Jean Calvin


50 illustrations
184 pages – 29 CHF / 18 euros
octobre 2008

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Elwood et Mix&Remix: Calvin sans trop se fatiguer

Jean Calvin
Introduction à sa pensée théologique

Marc Vial
Préface d'Olivier Fatio

Ecrit dans la dynamique du 500e anniversaire de la naissance de Calvin en 2009, cet ouvrage offre de manière synthétique une approche du Réformateur à travers le travail fondateur et majeur entrepris tout au long d’une vie : interpréter la Bible afin d’exprimer pour son époque la vérité du christianisme. Marc Vial propose dans un premier temps une approche biographique du Réformateur avant d’entrer dans la démarche déterminante de Calvin, développée de façon magistrale dans l’Institution de la religion chrétienne. Concentrée sur la Bible, cette oeuvre majeure du Réformateur développe à la fois la connaissance véritable de Dieu et la connaissance du Dieu véritable. Judicieusement illustré, cet ouvrage conjugue avec bonheur des qualités esthétiques et intellectuelles.

Marc Vial est maître assistant en histoire du christianisme à l’Université de Genève. Il a notamment publié Jean Gerson, théoricien de la théologie mystique, Vrin, 2006.

TROIS QUESTIONS À MARC VIAL

Il y a un siècle, auriez-vous écrit un même livre sur Calvin ?
Il me semble qu’un livre écrit il y a un siècle aurait accordé une plus grande importance à certains thèmes, la prédestination par exemple, longtemps tenue pour la clé de voûte du « système » calvinien, ce qu’elle n’est pas. Sans doute aurait-on considéré qu’il est légitime d’évaluer la pensée du Réformateur à l’aune de critères théologiques contemporains ; la génération à laquelle j’appartiens est plus sensible à la discontinuité des univers conceptuels et, par conséquent, plus encline à reconstituer une pensée du passé pour elle-même, pour ce qu’elle a d’irréductible voire d’étrange.

Quelle est l’originalité de votre approche ?
Cet ouvrage ne propose pas de « scoop » mais fournit à l’attention d’un large public un guide de lecture de l’Institution de la religion chrétienne dans sa version définitive. Les livres de ce genre sont curieusement rares en langue française. Aussi ai-je rédigé cette étude qui analyse le mouvement de pensée que déploie l’Institution, dégage ses séquences principales et met en évidence les raisons de leur agencement.

Quel est l’aspect de la pensée de Calvin qui vous semble le plus actuel ?
Sans aucun doute l’idée selon laquelle le Dieu biblique est un Dieu qui considère l’humanité non pas comme une masse indistincte mais comme un ensemble d’individus singuliers, chacun étant l’objet d’une attention divine particulière. Une telle idée donne à penser que la foi constitue le courage de vivre à la hauteur de ce que nous sommes : non pas une « ressource humaine » mais une singularité ayant sa valeur propre, par-delà toute considération d’utilité ou d’inutilité.


Coédition Musée International de la Réforme
180 pages – 34 CHF / 22 euros
octobre 2008

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Marc Vial: Jean Calvin, introduction à sa pensée théologique

Le protestantisme
et Calvin

Que faire d'un aïeul si encombrant ?

Bernard Reymond

Le protestantisme et Calvin ont partie liée l’un avec l’autre. Mais dans la période du 500e anniversaire qui met particulièrement en lumière la figure du Réformateur genevois, il convient de mesurer ce que le protestantisme et la Réforme lui doivent ou ne lui doivent pas. Le calvinisme a certes essaimé dans le monde entier, d’autres courants n’en ont pas moins largement imprimé leur marque sur le christianisme réformé. Et l’héritage revendiqué par les penseurs protestants ne restitue pas toujours, par l’excès ou la sous-estimation, l’originalité de la pensée et de l’oeuvre de Calvin. Dans cet essai, Bernard Reymond fait la critique de la réception du Réformateur dans la famille réformée. Sans concession, son livre reprend fondamentalement une des préoccupations du Réformateur qui a toujours combattu l’idolâtrie, aussi quand celle-ci s’attachait à sa propre personne. Paradoxalement, l’essai sans concession de Bernard Reymond est ainsi une forme d’hommage à sa mémoire.

Bernard Reymond est professeur honoraire de théologie de l’Université de Lausanne. Auteur de nombreux essais sur la pensée protestante, il a notamment publié chez Labor et Fides L’architecture religieuse des protestants (1996), Le protestantisme en Suisse romande (1999), Le protestantisme et ses pasteurs (2007), Le protestantisme et la littérature (2008).

EXTRAIT

A trop vouloir miser sur la « modernité de Calvin » ou sur son « actualité », on en oublie trop facilement que les textes issus de sa plume sont situés dans l’histoire, inévitablement tributaires du contexte culturel de leur époque, fortement marqués par la sensibilité de celui qui les a conçus, avec ses forces et ses faiblesses de caractère, ses traits de génie et ses préjugés, ses préférences et ses antipathies. Calvin est l’un des grands réformateurs, mais il n’est pas le seul. Cessons de lui attribuer des idées ou des influences qui ne sont pas toujours les siennes, mais nous viennent d’autres penseurs réformés, vivant dans d’autres contextes et avec d’autres préoccupations que les siennes. Heureusement qu’il y a d’autres manières moins casanières, moins complexées, plus décontractées et plus jouissives d’être protestant. Et puis, relire Calvin aujourd’hui avec des yeux protestants, c’est aussi et c’est enfin le faire dans la claire conscience que depuis lors, des pages ont été tournées. Il y a eu celle des Lumières, celle du néo-protestantisme, celle de l’entrée en scène de nouvelles approches de la réalité humaine : la psychologie, la sociologie, les sciences des religions et même la science tout court.


Protestantismes
136 pages – 17 CHF / 11 euros
octobre 2008

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Bernard Reymond: Le protestantisme et Calvin: que faire d'un aïeul si encombrant ?
ÉTHIQUE

L'intervention humanitaire
Droits des individus, devoirs des Etats

Véronique Zanetti

Aujourd’hui, les organisations internationales sont amenées à s’engager dans de nombreux conflits à travers le monde. Dans des situations toujours plus complexes, la préservation des droits de l’individu et le respect des cultures et des traditions locales constituent un véritable défi. Véronique Zanetti mène dans cet ouvrage une réflexion éthique et philosophique approfondie sur les droits de l’homme à l’échelle internationale et sur le droit d’intervention humanitaire. Elle explore notamment les conditions dans lesquelles une aide humanitaire ou une intervention armée de la communauté internationale se justifient ; elle aborde les notions d’Etat mondial, de légitime défense et de justice distributive globale, et montre que l’inégalité dans le partage des richesses ne fait que renforcer l’instabilité dans les pays émergents. En confrontant les différentes approches existantes et en évitant les écueils de l’idéalisme ou d’un moralisme outrancier, l’auteur démontre que les institutions internationales, les Etats et les individus partagent les responsabilités dans un monde qui n’est pas encore doté des moyens d’assurer une paix durable à ses citoyens.

Née à Lausanne, Véronique Zanetti est professeur de philosophie politique à l’Université de Bielefeld. Elle a notamment publié : La Nature a-t-elle une fin ? Le problème de la téléologie chez Kant, Ousia, 1994.

EXTRAIT


Lorsque les violations se traduisent par des privations de libertés politiques, ce qu’il y a de profondément choquant, c’est le fait que les institutions politiques, qui devraient être au service des individus, se retournent contre ces derniers pour asseoir leur pouvoir. Quand le pouvoir se maintient par la violence, il est non seulement privé de légitimité mais il vide la notion de droits fondamentaux de sa substance en contestant l’idée même que les individus, personnes morales autonomes, ont le droit de prendre part à la formation de la volonté politique sur des questions qui concernent les affaires publiques. Comme le dit justement Thomas Pogge, « les injustices de la morale officielle se cachent sous le masque de la loi et de la justice. De telles injustices ne privent pas seulement leurs victimes des objets de leurs droits, mais attaquent également ces mêmes droits ; elles ne pervertissent pas seulement ce qui est juste, mais aussi l’idée même de droit et de justice ». Tolérer la violence d’Etat revient à tolérer que la violation s’érige en règle. Lorsque la violation est officielle, la violence n’est pas un accident, elle est planifiée et devient, en toute impunité, un instrument du pouvoir.


Le champ éthique
244 pages – 38 CHF / 24 euros
septembre 2008

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Véronique Zanetti: L'intervention humanitaire
BIBLIQUE

Marie des apocryphes
Ce que la Bible ne dit pas sur la Mère de Jésus

Enrico Norelli

Marie est très présente dans la littérature apocryphe des premiers siècles de notre ère, alors que le Nouveau Testament est comparativement beaucoup plus sobre. Pour Enrico Norelli, spécialiste international des apocryphes, l’origine de cette littérature ne doit pas être vue comme nécessairement postérieure aux écrits reçus dans le Nouveau Testament. Contemporaine, voire antérieure pour certains récits, elle aide à comprendre l’inscription originelle de Marie dans la piété chrétienne, et notamment la fortune qu’ont connue la naissance, l’adolescence et la dormition ou l’assomption de Marie, épisodes que l’on ne retrouve pas dans la Bible. Traduit et adapté de l’italien, ce volume passionnant inaugure « Christianismes antiques », une nouvelle collection sur l’antiquité chrétienne dirigée par Enrico Norelli et Gabriella Aragione.

Enrico Norelli est professeur d’Histoire du christianisme à l’Université de Genève.

TROIS QUESTIONS À ENRICO NORELLI

Que dit la littérature apocryphe sur l’historicité de Marie ?
La figure historique de Marie nous échappera toujours, car dans tous les textes qui nous en parlent, y compris dans le Nouveau Testament, elle est déjà transfigurée par la légende. Mais les apocryphes les plus anciens sont indispensables pour comprendre les premières traditions autour de ce personnage, en nous faisant remonter plus haut que la rédaction des évangiles canonisés.

Pourquoi le Nouveau Testament est-il plus sobre à l’égard de Marie que les apocryphes ?
L’intérêt pour la mère de Jésus semble s’être développé, à la fin du premier siècle, en rapport avec l’affirmation que Jésus était né d’une vierge, exprimant ainsi sa condition unique de Fils de Dieu. Autour de ce noyau, des narrations diverses se sont développées, très partiellement reprises par les évangélistes Matthieu et Luc. Les légendes sur la naissance et l’enfance de Marie, rédigées au deuxième siècle, se proposaient sans doute de garantir la virginité de Marie contre des polémiques qui présentaient Jésus comme né d’une adultère.

Pourquoi lire un apocryphe ?
Les formes dominantes du christianisme ne représentent que les lignes gagnantes d’un processus de sélection et de transformation qui a eu lieu aux premiers siècles. La matière littéraire laissée à l’extérieur du canon n’en a pas moins acquis une grande importance dans la théologie, la piété, la liturgie, l’art, la littérature de l’univers culturel qui est encore le nôtre. Les apocryphes nous font redécouvrir d’autres possibilités, fascinantes et nourrissantes, de vivre et de penser en chrétien.


Christianismes antiques
180 pages – 34 CHF / 22 euros
parution février 2009

Pour commander

Enrico Norelli: Marie des apocryphes, enquête sur la mère de Jésus dans le christianisme antique

Politique du Nouveau Testament
Leçons contemporaires

François Vouga

Le climat politique de l’Empire romain au Ier siècle de notre ère n’est pas sans similitudes avec celui de notre modernité tardive. Mondialisation et domination de l’économie s’y expriment sous des traits prémonitoires. Au nom d’un respect des personnes et de leur diversité, le Nouveau Testament s’attache à revaloriser l’autorité politique. Les leçons qu’il délivre ont une actualité évidente, pour autant qu’on prenne la peine d’en dégager les principales orientations. C’est à cette tâche que se consacre François Vouga dans cet essai vigoureux qui met en évidence les passages suggestifs à cet égard, notamment de l’Apocalypse de saint Jean et l’Epître aux Romains. Sollicitant pour dialoguer des auteurs aussi divers que Calvin, Montesquieu, Rousseau, Stieglitz ou Pasolini, François Vouga met en évidence une Politique du Nouveau Testament qui fonde une société ouverte dans laquelle la liberté se voit garantie par un rapport original à Dieu et aux idéologies. Où l’on voit que, contrairement à ce que l’on pense, le christianisme reste essentiellement le moteur actif d’une responsabilité du politique hors de ses dérives tyranniques.

François Vouga est professeur de Nouveau Testament à la Faculté de théologie Bethel de Bielefeld (Allemagne). Auteur de nombreux essais et travaux sur Paul et les origines du christianisme, il a récemment publié Moi, Paul !, Bayard / Labor et Fides (2005) et Evangile et vie quotidienne, Labor et Fides (2006).

EXTRAIT

Le rapport de l’âme humaine à la volonté de pouvoir et à son exercice est un noeud de la réflexion politique de l’Evangile sur le pouvoir. Il ne nous éloigne pas de la question, posée avec radicalité par l’Apocalypse, des relations de la politique aux pouvoirs de la religion et des idéologies. Tout au contraire : il attire notre attention sur la tentation qu’exerce sur l’âme humaine la possibilité d’investir la rationalité de la politique d’une nostalgie d’absolu qui fait miroiter le mirage d’une réalisation de soi par l’exercice du pouvoir. La confusion de l’immanence et de la transcendance n’est ni une simple erreur politique ni d’abord, au fond, une hérésie religieuse. Elle résulte bien plutôt d’une errance de l’âme qui a perdu son orientation et cherche à se sauver. Elle pense trouver son identité et la reconnaissance de sa valeur dans la puissance qu’elle accumule.


Essais bibliques
184 pages – 32 CHF / 20 euros
septembre 2008

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François Vouga: Politique du Nouveau Testament

L'Apocalypse
Architecture en mouvement

Jacques Ellul

Jacques Ellul met ici son talent d’écrivain au service d’une analyse fouillée d’un des livres les plus mystérieux de la Bible. A ses yeux, l’Apocalypse n’est pas un livre de catastrophe, ni une description de la fin du monde ou des derniers temps. Il invite plutôt à discerner l’éternel dans le présent et nous aide à interpréter la réalité en faisant apparaître le mystère qui est caché dans le réel. Si à la fin des temps, Dieu prend en compte toute notre histoire et la récapitule dans la Jérusalem céleste, nous sommes extraordinairement responsables de faire une histoire qui en vaille la peine. En relisant l’Apocalypse verset par verset, mais sans aucun jargon de spécialiste, Jacques Ellul offre à la fois des clés limpides de compréhension du texte mais également une manière de fonder la responsabilité individuelle pour relever des défis dont bien avant d’autres, il avait identifié la dimension contemporaine.

Auteur d’une oeuvre considérable, Jacques Ellul (1912-1994) fait aujourd’hui l’objet d’une redécouverte, motivée notamment par une redéfinition de la technique et de la modernité, à l’heure d’une fragilisation des conditions d’existence sur la planète.

EXTRAIT

L’Apocalypse est le grand livre de l’Espérance chrétienne. Mais à condition de comprendre l’Espérance comme j’ai tenté de le faire (l’Espérance oubliée) et non de la confondre avec un espoir humain ou avec une formule théologique. L’Espoir humain, c’est ce que la plupart des commentateurs infligent à l’Apocalypse. Grosso modo tout va mal maintenant, mais, rassurez-vous, tout ira bien demain. Ramener ce livre à cette banale « consolation » est une trahison fondamentale. Il n’y a dans l’Apocalypse aucune espèce d’espoir que les choses tournent mieux, aucune confiance dans l’avenir, aucune consolation tirée d’une victoire future. L’opposition entre l’aujourd’hui mauvais et le demain excellent est une invention simpliste d’exégètes parfaitement fermés à la grandeur d’un projet qui ne se ramène nullement aux petites difficultés (même les persécutions sont de petites difficultés !) que peuvent rencontrer les chrétiens actuellement. Il y a exactement superposition dans ce cas, d’un espoir un peu simpliste à la plus intense formulation de l’Espérance. Mais l’autre confusion qu’il ne faut pas faire, consiste à ramener l’Espérance à n’être qu’une sorte d’armure théologique de la Foi : nous croyons : le pardon, la résurrection de Jésus-Christ et son retour, ainsi que la réalité, l’avènement du Royaume de Dieu. Et parce que nous croyons, alors nous espérons.

Essais bibliques
312 pages – 39 CHF / 25 euros
septembre 2008

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Jacques Ellul: L'Apocalypse

Manuel d'exégèse
de l'Ancien Testament

Michaela Bauks
et Christophe Nihan (éd.)

Dans la ligne des manuels facilitant l’étude scientifique de la Bible, ce manuel vient combler une lacune. Il propose une initiation aux méthodes d’analyse de l’Ancien Testament à partir d’exemples puisés dans ses nombreux corpus. Tour à tour, les diverses approches sont passées en revue : critique textuelle, critique des formes et des traditions, analyse rédactionnelles sont expliquées et mises en pratique sur des exemples de textes significatifs. Parallèlement aux méthodes d’exégèse historico-critiques, centrales dans ce manuel, une approche de l’analyse narrative fait également l’objet d’un développement détaillé. Aux côtés de l’Introduction à l’Ancien Testament (Labor et Fides, 2004), ce manuel d’exégèse permet aux chercheurs (étudiants, enseignants, amateurs) de disposer désormais d’outils pour développer sur l’Ancien Testament les lectures scientifiques que requiert sa position centrale aux origines de notre culture.

Michela Bauks, Jan Joosten, Christophe Nihan, Thomas Römer et Jean-Pierre Sonnet.


Le Monde de la Bible
240 pages – 39 CHF / 27 euros
novembre 2008

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Bauks, Nihan, Joosten, Sonnet, Römer: Manuel exégèse Ancien Testament

La source des paroles de Jésus (Q)
Aux origines du christianisme

Andreas Dettwiler et Daniel Marguerat (éd.)

Depuis vingt ans, la recherche sur la source des paroles de Jésus s’emballe. Pourquoi la Source intéresse-t-elle tant les chercheurs ? Elle se trouve projetée au carrefour de nombreux questionnements sur les origines du christianisme. Ce document aujourd’hui perdu, mais que l’on postule derrière les traditions communes aux évangiles de Matthieu et de Luc, nous restitue la théologie du mouvement de Jésus à un stade archaïque. Il nous montre une époque où le christianisme n’est encore qu’une variété de judaïsme, auquel il emprunte toutes ses formules et son langage. Surprenante, la Source recèle des mystères que la recherche n’a fait que commencer à explorer. Qui a collationné ces paroles de Jésus et dans quelle intention ? Peut-on parler d’une rédaction de la Source ou le texte résulte-t-il d’un collage hâtif ? Ces questions et bien d’autres sont débattues dans ce livre et l’on verra les chercheurs avancer leurs hypothèses.

Frédéric Amsler, Andreas Dettwiler, Christoph Heil, John S. Kloppenborg, Amy-Jill Levine, Ulrich Luz, Daniel Marguerat, Migaku Sato, Jacques Schlosser, Thomas Schmeller, Jens Schröter, Joseph Verheyden
.


Le Monde de la Bible
408 pages – 40 CHF / 27 euros
novembre 2008

Pour commander

Dettwiler, Marguerat: La source des paroles de Jésus Q
THÉOLOGIE

Une modernité explosive
La revue Die Tat dans les renouveaux religieux,culturels et politiques de l'Allemagne d'avant 1914-1918

Marino Pulliero

Cet ouvrage est consacré à la genèse et à l’essor de la revue allemande Die Tat, dans les années qui précèdent le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il trouve sa place dans une recherche plus vaste sur la religiosité du début du XXe siècle et sa problématique : sécularisation, crise de la religion historique et recherche de substituts compatibles avec le monde moderne, réveil du besoin religieux dans le climat intellectuel de la fin du XIXe siècle, marqué par la réaction contre la culture dominante du matérialisme et du positivisme. Appuyé sur l’analyse en profondeur des deux moments clés que traverse cette revue typique des renouveaux culturels et politiques de l’époque, Marino Pulliero restitue des débats qui ne manqueront pas d’éveiller la curiosité de tous ceux qu’intéressent la relation actuelle entre le religieux et la société, ou le rôle de la religion dans la cohésion d’une communauté sociale.

Marino Pulliero a d’abord soutenu une thèse de philosophie antique à l’Université de Venise, puis une thèse de philosophie contemporaine à la Sorbonne. Historien, philosophe et spécialiste de l’Allemagne wilhelminienne, il a publié Walter Benjamin, Bayard, 2005.


Religions en perspective
732 pages – 49 CHF / 31 euros
octobre 2008

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Marino Pulliero: Une modernité explosive, la revue Die Tat

Les idées noires de Martin Luther King

Serge Molla

Ouvrage de référence, ce livre a un triple mérite : il rassemble les idées philosophiques et surtout théologiques de Martin Luther King, éparpillées dans de multiples écrits et discours du leader noir, en un ensemble cohérent. Il montre que l’apôtre de la non-violence est aussi un théologien qui puise son enseignement dans la tradition noire américaine. Enfin, il croise l’apport de Martin Luther King avec celui de l’écrivain James Baldwin et avec celui du théologien James H. Cone. C’est sans doute la révélation de l’impact de la pensée de Malcolm X sur le théologien protestant qui révélera aux lecteurs européens l’apport le plus neuf du présent ouvrage. Mais il donne bien d’autres contributions originales, chacune présentée de façon remarquablement précise et vivante. Cette réédition est complétée par un substantiel avant-propos qui prend acte des recherches parues depuis lors sur King.

Serge Molla est Docteur en théologie. Il est l’un des spécialistes francophones de la pensée de Martin Luther King et de la théologie noire américaine. Il a notamment publié chez Labor et Fides : Voix ferventes. Prières afro-américaines, 2004.


Lieux théologiques
400 pages – 45 CHF / 30 euros
septembre 2008

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Serge Molla: Les idées noires de Martin Luther King
NOUVELLE ÉDITION

Introduction au Nouveau Testament

Daniel Marguerat (éd.)

Nouvelle édition d’un classique (plus de 5 000 exemplaires vendus à ce jour), augmentée d’un article sur la période se déroulant entre Jésus et les évangiles, écrit par Daniel Marguerat. Bibliographie mise à jour.


Le Monde de la Bible
552 pages – 60 CHF / 40 euros

novembre 2008

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Introduction au Nouveau Testament
NOS LIVRES DANS LA PRESSE
Steeve Iuncker et Thierry Mertenat,
Levées de corps

164 pages – 37 CHF / 24 euros

Des natures mortes saisissantes, composées de mots et d’images d’un réalisme sans fard, mais dont l’humanité et la vie ne sont jamais absentes.
La Tribune de Genève, mai 2008

Un livre à la fois sobre et essentiel.
Le Temps, mai 2008

Les auteurs en ont fait un livre simple et beau, qui montre une réalité souvent pénible à accepter pour le commun des mortels.
Le Matin Dimanche, mai 2008
Gilles Lugrin et Serge Molla,
Dieu, otage de la pub ?

208 pages – 32 CHF / 20 euros

Sans jamais tomber dans la récupération ni dans le moralisme, les auteurs montrent bien à la fois de quel côté se situe le terrorisme intellectuel et quel est l’état de la religiosité d’aujourd’hui. A lire pour ne pas accepter n’importe quoi.
Lettre de Ligugé, juillet 2008
Aline Viredaz,
Là où je vais

192 pages – 28 CHF / 17.50 euros

En partant séjourner trois mois seule dans un chalet, la narratrice veut étudier la Bible. Commence une interrogation de textes qui va nous faire passer à une dimension, tout autre, celle de la relation à Dieu. Une belle maturité.
La Liberté, juillet 2008
Denis Müller,
Le football, ses dieux et ses démons

Le champ éthique – 264 pages – 34 CHF / 20 euros

Vos qualités d’éthicien et de théologien mêlées à votre amour du ballon rond vous permettent d’apporter un regard avisé et mesuré sur ce jeu. Vos réflexions viendrontà n’en pas douter enrichir notre travail journalier.
Michel Platini, Président de l’UEFA, août 2008
Philippe Borgeaud et Francesca Prescendi (éd.),
Religions antiques. Une introduction comparée

192 pages – 32 CHF / 19 euros

Le public cultivé trouvera dans ce livre toutes les clés de lecture utiles à une compréhension intime des religions de l’Antiquité. Au final, un livre très réussi, écrit par d’excellents spécialistes, doublés de pédagogues expérimentés.
Les Etudes classiques, mai 2008

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